UNE AUTRE ANALYSE PESSIMISTE DE LA CRISE QUI SE PREPARE

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 Par Sébastien Castellion © Metula News Agency

publié le 17 sept. 2011 04:52 par webmaster AAEGE

 

Au moins, maintenant, les choses sont simples.

 

Les titres de la presse française, qui parlaient hier de « l’hypothèse d’une faillite de la Grèce », ne sont qu’une aimable transition vers une nouvelle désormais à peu près inévitable. D’ici quelques jours, ou quelques semaines, la Grèce annoncera qu’une part importante de sa dette ne sera jamais remboursée.

 

Les marchés ont déjà pris acte de cette quasi-certitude et exigent, pour prêter à la Grèce, des taux d’intérêt prohibitifs. Pour les actions d’Etat émises la semaine dernière et remboursables en mars 2012, l’intérêt demandé était de près de 200 pour cent !

 

La faillite sera le début d’une nouvelle crise financière, presque certainement plus grave que celle de 2008. A l’époque, les crédits immobiliers « subprime », attribués à des Américains insolvables sous la promesse implicite d’une garantie de l’Etat, avaient entraîné la chute de plusieurs géants de la finance mondiale – Lehman, Merrill Lynch, Washington Mutual, Wachovia, Citigroup…

 

Demain ou après-demain, l’annonce d’une faillite grecque obligera les Etats européens à venir au secours de leurs propres banques, qui ont, à leur tour, prêté à un client insolvable – l’Etat grec – en se fondant sur une promesse de garantie des Etats européens les plus riches.

 

Les banques françaises seront les plus touchées, parce qu’elles ont davantage prêté à la Grèce que celle de nos voisins. D’après un rapport de la Banque des Règlements Internationaux, datant de juin dernier, les banques françaises ont un encours de 56 milliards d’euros de crédits à la Grèce, contre 34 milliards pour les banques allemandes, et environ 7 milliards pour les banques américaines.

 

Les Etats européens n’ont pas les ressources nécessaires pour sauver les banques. Ils devront donc, pour partie, aggraver leur endettement – ce qui réduira d’autant leur capacité de croissance -, et, pour partie, convaincre la Banque Centrale Européenne de monétiser des titres de la dette publique, ce qui fera repartir l’inflation à la hausse.

 

La fragilité accrue des banques européennes provoquera inévitablement la dégradation de plusieurs d’entre elles par les agences de notation. Obligées d’emprunter plus cher pour se financer, elles auront moins de ressources disponibles pour prêter aux entreprises et animer l’économie.

 

Les perspectives de croissance en seront encore diminuées – ou, plutôt, la récession qui s’annonce en sera encore aggravée.

 

Certaines banques seront sauvées par l’intervention des Etats, mais les Etats ne pourront pas se permettre de sauver tout le monde. Prévoir des faillites bancaires en Europe aujourd’hui est à peu près aussi difficile que de prévoir que le soleil se lèvera demain à l’Est. La faillite s’annonce désormais à trop court terme pour que les banques aient le temps de lever du capital afin d’éviter la chute.

 

La faillite des banques européennes, puis le plan massif de secours qu’elle exigera des Etats, provoqueront aussi une dégradation de plusieurs puissances européennes par les agences de notation. La France, là aussi, est particulièrement exposée au risque.

 

Quant à savoir ce que la Banque centrale européenne et les ministres des finances prévoient pour faire face à cette crise, il est inutile d’aller en chercher des signes dans les discours de Jean-Claude Trichet ou des ministres des finances. Il n’existe aucun plan. Personne n’est prêt, personne ne sait quoi faire.

 

L’entrée en récession de l’Europe ne sera pas compensée par une quelconque croissance américaine.

En trois ans, l’administration Obama a fait de la première économie du monde la nation la plus ruinée de l’histoire de l’humanité.

 

Obama se voyait, lors de son arrivée au pouvoir, comme un nouveau Franklin Roosevelt. Sur ce point, il a réussi. Pour la première fois depuis les années 1930, une récession cyclique – celle de 2008 – s’est transformée en une crise interminable, avec des dépenses publiques qui explosent, des réglementations qui changent sans cesse et découragent les entreprises d’embaucher, un chômage qui ne diminue pas aux premiers signes de reprise, mais s’installe durablement ; tout ceci illustrant un système de récession durable.

 

Guy Millière a montré plusieurs fois dans ces colonnes qu’Obama, en politique étrangère, est le plus mauvais président depuis Jimmy Carter. Mais il est aussi, en politique économique, le plus mauvais président depuis Franklin Roosevelt : le deuxième en quatre-vingts ans dont l’ignorance économique et l’arrogance étatique auront prolongé, pendant plusieurs années, une crise qui aurait dû être passagère.

 

Incapable d’apprendre, le Président, la semaine dernière, a énoncé, à grands renforts de trompettes, son dernier programme pour l’emploi. Ce programme est une copie conforme des six « plans de relance » ou « stimulus » qui l’ont précédé : création d’emplois publics, augmentation des impôts sur « les riches », infrastructures prestigieuses, augmentation des indemnités chômeurs, bla, bla, bla.

 

Incapable de toute analyse économique, Obama tourne en rond et répète des recettes qui n’ont fait qu’aggraver la crise et continueront à l’aggraver.

 

Une fois l’Europe et l’Amérique entrées en récession, la crise deviendra inévitablement une crise mondiale.

 

Les puissances d’Asie continueront, probablement, à connaître, par comparaison, une situation meilleure. Mais elles aussi souffriront de la crise, ne serait-ce que du fait de l’effondrement prévisible de la demande en Occident.

 

Tout au plus, cet effondrement donnera-t-il aux investisseurs chinois et indiens des occasions d’acquérir, à moindre prix, des entreprises ou autres capitaux en Europe et aux Etats-Unis : on peut s’attendre à de nombreux titres sur le passage dans des mains asiatiques de « fleurons » américains et européens dans les années à venir.

 

Du reste, le ralentissement de la croissance mondiale pourrait bien mettre en évidence les faiblesses du modèle de croissance chinois, et, plus particulièrement, l’opacité financière qui entoure les grands programmes d’investissement en Chine.

 

Avec la baisse de la demande mondiale, on peut s’attendre à ce qu’en Chine aussi, certaines banques aient des difficultés à boucler leurs comptes. Faute d’informations financières fiables, personne ne peut prédire l’éventuelle gravité de tels événements.

 

Comme toujours en période de crise, les difficultés économiques s’accompagneront de graves mouvements sociaux, de décisions politiques irrationnelles et de violence.

 

En Grèce, cela a commencé depuis plusieurs mois – une population habituée à ne pas payer ses impôts et à vivre sur un grand pied aux frais d’autrui, recourt à la violence quand elle comprend que les beaux jours sont finis.

 

Mais ce n’est que le début. Dans les mois et les années à venir, il faut s’attendre à ce que se multiplient, dans toutes les économies occidentales, des manifestations violentes – animées par la frustration économique et sociale, mais aisément manipulées par toutes sortes d’extrémistes, qu’ils soient communistes, fascistes, ou, le cas échéant, islamistes.

 

Le monde entre dans une crise longue. Cette crise a été causée par le surendettement public en Europe et aux Etats-Unis. Ses conséquences à long terme sont encore imprévisibles, mais pourraient comprendre un appauvrissement durable de l’Occident, l’éclatement de plusieurs guerres, voire un effondrement civilisationnel.

 

Nous ne pourrons, dans tous les cas, pas nier que nous avons vécu une époque intéressante

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