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Le fonctionnement du marché du travail israélien est très différent de celui existant en France

Ecrit par Alain Zeitoun sur . Publié dans , ,

Par Jacques Bendelac, publié sur Israel Valley

Pour trouver un travail en Israël, il est nécessaire d’avoir une connaissance minimale du marché du travail, de son fonctionnement et de ses caractéristiques. En sachant à qui il s’adresse, le candidat à l’emploi pourra mieux mettre en valeur ses compétences et s’adapter aux profils recherchés.

Le fonctionnement du marché du travail israélien est très différent de celui existant en France. De ce point de vue, l’économie israélienne est beaucoup plus libérale que celle de la France : le salarié est moins protégé, le travail est plus flexible, la garantie de l’emploi disparaît et la dualité entre secteurs public et privé se creuse.

1) La flexibilité du travail s’est accentuée ces dernières années. Il est relativement simple d’embaucher un salarié mais il est tout aussi facile de le licencier. Pour la plupart, les contrats d’embauche sont à durée déterminée et un employeur israélien n’hésite pas à remplacer rapidement ses salariés pour ne pas avoir à leur payer de lourdes indemnités. La procédure de licenciement est relativement simple et il n’est même pas nécessaire pour l’employeur de se justifier. En revanche, les charges sociales qui reposent sur l’employeur sont parmi les plus basses du monde (5,4%), ce qui rend l’embauche moins coûteuse. La flexibilité de l’emploi se traduit par des formes de travail particulières :

  • le travail temporaire est une forme de travail très courante en Israël. En 2007, près de 10% des emplois sont remplis par des salariés intérimaires recrutés par l’intermédiaire d’une agence de travail temporaire. Cette forme de travail augmente les chances ultérieures d’être embauché directement par l’entreprise mais elle accroît aussi la précarité et l’instabilité du travail;
  • le travail à temps partiel est largement répandu : en 2007, plus de 26% des salariés israéliens étaient employés à temps partiel. Son rythme d’extension est aussi très rapide : la moitié des emplois créés en 2006-2007 sont des emplois à temps partiel. Beaucoup d’Israéliens accumulent plusieurs jobs à temps partiel, ce qui multiplie les expériences professionnelles;
  • Le travail indépendant est relativement peu pratiqué en Israël, mais il est en augmentation constante durant la dernière décennie ; en 2007, 13% de la population active exerçaient une profession libérale.

2) La dualité du marché du travail israélien reste forte. Le secteur privé se distingue de la fonction publique par des critères de recrutement et des conditions d’emploi différents :

  • Les conditions de recrutement dans chacun des deux secteurs sont différentes : la fonction publique est accessible sur « concours » (« mikraz ») interne ou externe, composé de tests d’aptitude et d’un entretien devant une commission ; dans le privé, ce sont les compétences et les tests psychologiques qui sont décisifs.
  • Les conditions de salaire et d’avancement sont différentes, notamment l’importance qui est faite au diplôme : dans le public, le diplôme accorde des suppléments de salaires et de meilleurs conditions d’avancement, alors que dans le privé le diplôme est moins important, la réussite professionnelle étant le principal critère de rémunération.

3) Le secteur privé n’est pas uniforme, les secteurs de pointe et les branches traditionnels sont deux mondes distincts :

  • Les entreprises de « high tech » forment un monde à part dans l’économie israélienne, tant au niveau des rémunérations, des conditions de travail que de la stabilité de l’emploi ; les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont devenues prédominantes dans le secteur du high tech: en 2007, elles représentaient 11% du PIB, 12% de la population active et 20% des exportations israéliennes.
  • L’importance économique du secteur dit « traditionnel » est encore forte : c’est le plus gros pourvoyeur d’emplois, même si les rémunérations sont moindres que celles accordées dans le secteur de pointe.

4) La ventilation sectorielle de l’emploi salarié montre, ces dernières années, un transfert d’emplois :

  • du secteur public au secteur privé ;
  • et des industries vers les services, notamment les services financiers, les services aux entreprises, l’hôtellerie et la restauration ; les sociétés de services sous toutes leurs formes recrutent régulièrement du nouveau personnel.

5) Le marché israélien est dynamique et très changeant : la conjoncture israélienne peut se retourner très vite et le marché du travail reste sensible aux mouvements de la conjoncture. Les créations d’emplois peuvent redémarrer rapidement ou, au contraire, être freiné brutalement par une crise militaire ou politique.

Ces caractéristiques du marché du travail en Israël doivent conduire le candidat à l’emploi à prendre en compte des facteurs suivants :

  • Les agences privées de recherche d’emploi sont de plus en plus nombreuses et très actives : l’inefficacité de l’Agence nationale pour l’Emploi conduit les demandeurs d’emploi israéliens ainsi que les employeurs à faire appel aux services des agences privées.
  • Les sociétés de travail temporaire sont devenues incontournables pour intégrer le marché du travail en Israël ; l’intérim présente l’inconvénient d’octroyer des conditions de travail médiocres, mais c’est parfois un moyen efficace pour démarrer une nouvelle carrière. Dans la plupart des cas, les agences privées de recrutement font aussi office de société d’intérim.
  • Les employeurs passent de plus en plus par des cabinets de recrutement qui font un usage intensif de tests en tous genres.
  • La connaissance de l’hébreu n’est pas un atout en soi mais elle facilite les premiers contacts ; dans certaines entreprises, la connaissance de l’anglais et/ou du français est parfois plus importante que l’hébreu, mais la langue nationale reste la clé de l’intégration sociale.

Extrait du “Guide des Stages et Emplois en Israël” de Jacques Bendelac, Edition IsraelValley, 2008

La maîtrise de l’hébreu (au moins parlé) est une des conditions d’intégration dans le milieu professionnel

Ecrit par Alain Zeitoun sur . Publié dans ,

Par Jacques Bendelac, publié sur Israel Valley

L’hébreu reste la langue officielle et la principale langue utilisée en Israël. La connaissance de la langue hébraïque est donc une des conditions d’intégration au mode de vie et au milieu professionnel en Israël.

Ceci étant, Israël restant un pays d’immigration, la barrière de la langue n’a jamais été une condition pour y travailler. Dans certaines professions ou certains secteurs d’activité, la connaissance de l’anglais, voir du français, sera plus importante que celle de l’hébreu, mais cette situation reste l’exception.

L’apprentissage de l’hébreu reste un outil incontournable d’intégration professionnelle et sociale en Israël.

Il faut cependant discerner plusieurs cas de figure, selon la durée et l’objectif du séjour en Israël :

  • pour un candidat à un stage de courte durée (jusqu’à 6 mois), la connaissance de l’hébreu ne sera pas obligatoire, à condition bien sûr de pouvoir communiquer dans une autre langue : l’anglais dans la plupart des cas, ou exceptionnellement le français si l’employeur est francophone.
  • pour un nouvel immigrant qui vise à s’intégrer à la société israélienne, la connaissance de l’hébreu devient rapidement indispensable. Généralement, les employeurs israéliens font preuve d’une grande souplesse vis-à-vis de leur salarié qui « bafouille » en hébreu, mais ils exigeront progressivement une bonne connaissance de la langue.
  • Dans tous les cas, il est souhaitable d’apprendre la terminologie professionnelle, ce qui permettra de se sentir plus à l’aise et de se donner de meilleures chances de promotion. Dans certaines professions (comme informatique et médecine), cela ne pose pas de problèmes puisque ce sont les mots en anglais qui sont utilisés en hébreu dans le langage courant ; pour d’autres, la connaissance de la terminologie hébraïque s’avérera rapidement indispensable.

Conseils pratiques :

Pour un nouvel immigrant, il est important de consacrer suffisamment de temps à l’apprentissage de l’hébreu.
Un suivi sérieux de l’« Oulpan » (cours d’hébreu) facilitera l’intégration à la société israélienne.
En France, certaines associations, comme AMI, organisent des sessions d’« Oulpan alya » pour tous les niveaux, à un tarif subventionné pour les candidats à l’Alya.

En Israël, ce sont le Ministère de l’Intégration et l’Agence juive qui gèrent les centres d’intégration et qui offrent gratuitement des cours d’hébreu (5 mois) aux nouveaux immigrants suite à l’Oulpan de base. Il est recommandé de suivre des cours d’hébreu professionnel qui permettent d’acquérir le vocabulaire de certaines professions.

Le nouveau site en français du Ministère de l’Intégration (http://www.moia.gov.il/Moia_fr/) donne toutes les indications concernant les cours d’hébreu (cliquer « hébreu ») ainsi que sur les oulpan professionnels et cours divers (cliquer « emploi »).—

Extrait du “Guide des Stages et Emplois en Israël”, de Jacques Bendelac, Edition IsraelValley, 2008