Connaître la culture de travail israélienne pour une meilleure intégration professionnelle

Ecrit par Alain Zeitoun sur . Publié dans , ,

Pour travailler en Israël et s’intégrer au milieu professionnel, il faut aussi connaître la mentalité des Israéliens sur leur lieu de travail. Salarié ou patron, l’Israélien aura parfois un comportement direct, familier et parfois même brutal. Qu’il s’agisse de son franc-parler ou de sa tenue vestimentaire décontractée (le costume cravate n’est pas de mise, pas même chez les ministres), l’Israélien au travail pourra surprendre un observateur non averti. Un francophone doit être conscient des différences de culture et de mentalité afin de mieux s’adapter au monde du travail en Israël.

Une des caractéristiques des Israéliens en général, et sur leur lieu de travail en particulier, est sans doute leur manque de politesse, voire l’impertinence (la « Houtspa »). L’Israélien est se lie facilement, parle beaucoup et développe rapidement des relations amicales. On se tutoie puisque le vouvoiement n’existe pas en hébreu et on s’appelle par son prénom à tous les niveaux de la hiérarchie. Ce qui ailleurs paraîtra pour de l’indiscrétion ou de la familiarité fait ici partie du comportement normal : les Israéliens n’hésitent pas à se montrer réciproquement leur fiche de paie, à s’enquérir de la santé de leurs épouses respectives et à s’intéresser à la carrière des enfants de leurs collègues, et tout cela de façon la plus naturelle qui soit.

Dans le quotidien, les Israéliens ne se serrent pas la main et ne se font pas la bise. On se dit « shalom, ma nishma ? » (« Bonjour, comment ça va ? ») et c’est tout. Si l’Israélien propose un café à son interlocuteur (collègue, client, fournisseur), ce dernier doit éviter de refuser, cela pourrait le vexer. Il est recommandé à un Européen de commander un café au lait (un « Nescafé ») plutôt qu’un café noir (un « turc » à l’oriental) qui est indigeste pour un consommateur non habitué.

Dans une enquête publiée en septembre 2007, le quotidien israélien Globes a tenté de dresser le profil psychologique de l’Israélien au travail. Les enquêteurs ont établi 10 portraits types du salarié et du patron en Israël.

Les cinq stéréotypes du salarié que l’on rencontre dans les entreprises israéliennes sont les suivants :

  • le râleur : rien ne le satisfait, il a toujours le sentiment que le monde entier est contre lui, qu’il se fait toujours avoir, que son matériel de bureau est le plus ancien de l’entreprise ; il prend plaisir à dire du mal de son employeur mais ne proposera rien pour améliorer la situation ; il se vexe quand son patron ne le félicite pas pour son travail, mais lui-même est avare en compliments pour les autres;
  • le perfectionniste : il sait que s’il ne fait pas le travail, personne ne fera aussi bien que lui ; il n’a confiance en personne sauf en lui-même, et il devient fou de jalousie lorsque l’un de ses collègues prend une initiative à laquelle il n’a pas pensé ; il ne peut pas réaliser son travail simplement, il vise toujours l’excellence, ce qui le met en concurrence avec les autres et aussi avec lui-même;
  • le bavard : non seulement il se souvient des prénoms et dates de naissance des enfants de son chef hiérarchique, il sait aussi dans quelles classes ils sont et quelles notes ils ont obtenues à l’examen d’anglais. Il remarque toujours quand le patron porte une chemise neuve et prend la peine de téléphoner à l’épouse de ce dernier pour la féliciter de son choix pour la couleur jaune moutarde. Quand le patron raconte une blague, il éclate de rire, même s’il l’entend pour la centième fois;
  • le bosseur : il ne vit que par et pour le travail, il ne parle que de son travail et sort le soir avec les collègues du bureau ; il ne prend jamais de congés de sa propre initiative car en dehors du travail il s’ennuierait à mourir ; dans la plupart des cas, il est célibataire et il a tout son temps pour terminer une mission ; ses collègues peuvent l’appeler au téléphone en pleine nuit, il n’attend que cela pour se donner le sentiment d’être indispensable;
  • le « Téflon » : comme la casserole du même nom, il ne colle à aucune polémique, il ne prend parti pour personne, ne se mouille jamais et il se tire toujours des mauvaises situations ; il reste neutre lorsqu’un conflit éclate, on ne lui fait jamais de reproche et on s’étonne de le voir réussir là où d’autres ont échoué.

Les cinq portraits types du patron israélien sont les suivants :

  • le tyrannique : il s’approprie les bonnes idées de ses subordonnés, exploite ses employés pour en tirer un maximum de profit, reprend à son compte les réussites des autres, fait des heures supplémentaires sans compter et néglige sa femme et ses enfants. Il distribue sans compter des instructions autour de lui, téléphone au bureau depuis l’avion qui le transporte en Etats-Unis pour s’assurer que tout va bien et montrer que c’est lui le patron, même pendant son absence;
  • le surdoué : il est capable de réaliser une téléconférence avec Tokyo, répondre à ses e-mails, participer à une réunion du conseil de direction, et convaincre un client du Brésil – le tout en félicitant sa secrétaire pour son nouveau chemisier. Et s’il peut être partout à la fois, il attend de ses subordonnés les mêmes capacités de travail;
  • le militariste : ancien général de Tsahal, il passe en revue ses employés tous les matins et distribue les ordres du jour au pas de course. Les projets les plus ordinaires sont préparés comme des opérations militaires, dans le secret et par le détail. Il organise pour son bureau des séminaires professionnels sur le mont Oural et n’hésitera pas à espionner ses concurrents pour découvrir les secrets de leurs nouveaux produits. Aux fêtes de fin d’année, il offrira à ses employés des bons d’achat dans un magasin d’articles de sport et de camping;
  • le salaud : il fait faire son travail par les autres, de préférence le travail le plus fastidieux, et se vante de « déléguer ses pouvoirs » ; il n’encourage jamais ses subordonnés et son sourire cache toujours son hypocrisie ou un « mauvais coup » en préparation;
  • le pacifiste : il ne s’oppose à personne, ne fait jamais de critique et ne s’énerve jamais ; il n’enguirlandera jamais un de ses salariés, et ne se mêlera pas des conflits qui opposent ses collègues ; il ne s’entoure que d’assistants qui lui ressemblent, il ignore les rumeurs mal intentionnées et ne voit que les bons aspects de son entreprise.—

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